L'arrivée du premier A380 au sein de la flotte d'Air France, vendredi 30 octobre, est sans aucun doute la première véritable bonne nouvelle pour la compagnie aérienne depuis de longs mois. Frappée par la crise économique, fragilisée par l'accident du Rio-Paris, le 1er juin, qui a fait 228 victimes, et maintenant défiée par ses pilotes qui polémiquent sur la sécurité de ses avions, il était temps qu'Air France annonce enfin quelque chose de positif.
A la différence des trois autres compagnies qui exploitent déjà l'A380 - Emirates Airlines, Singapore Airlines et Qantas -, et qui privilégient les classes "avant" (premières et affaires), Air France a configuré sa cabine de façon à offrir davantage de sièges en classe économique. L'A380 d'Air France proposera ainsi 449 sièges, contre 399 chez Singapore Airlines et Emirates, et 332 sièges (plus 32 premium éco) chez Qantas. Toutes classes confondues, avec 538 passagers, la compagnie française est celle qui propose le plus de sièges (Emirates en offre 489, Singapore, 471 et Qantas, 450). Grâce à cette "densification" plus importante de la cabine, selon le terme d'Air France, sa capacité est équivalente à celles cumulées d'un Boeing 777-200 et d'un A340-300. Ce qui permettrait au transporteur, entre Paris et New York, de substituer les vols de 10 h 30 et de 13 h 35 par un seul vol à 13 h 35.
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L'arrivée de ce très gros porteur devrait donc être synonyme d'économies pour Air France. Malgré sa taille, l'A380 consomme moins de 3 litres aux 100 km par passager, ce qui correspond à une réduction de 20 % de la consommation de carburant par rapport à l'A330. En outre, les matériaux et surtout les innovations de ceux entrant dans la composition du fuselage permettent de réduire les coûts de maintenance de l'ordre de 20 % à 25 %.
Pierre-Henri Gourgeon, directeur général d'Air France, affirme que "chaque A380 rentrant dans la compagnie va lui permettre d'économiser annuellement de 12 à 15 millions d'euros. Ce qui offre à Air France, dans le contexte économique dégradé actuel, un nouveau levier pour amortir la crise".
François Bostnavaron Le Monde